30.01.2008

Bibliographie

Je vous propose une sélection d'ouvrages :
 

- Ouvrages théoriques -

 

- Filmer le passé dans le cinéma documentaire, les traces et la mémoire, entretiens et contributions, Ouvrage collectif, ADDOC Collection cinéma documentaire,  L'Harmattan, 2003. 

Comment filmer le passé ? Que faire avec les traces ? Peut-on mettre en scène la mémoire ? Faut-il inventer des images et des sons pour raconter ce qui n'est plus ?  Dix cinéastes, un historien, un plasticien, s'interrogent sur Les traces et la mémoire. Le scénario du film No pasaran ! Album souvenir (2003) contenu dans le présent ouvrage, offre une représentation sensible de l'Histoire avec les outils du cinéma.

 

- Ateliers d'écriture, un outil, une arme, Thierry Maricourt, Éditions Licorne, Diffusion L'Harmattan, 2003.

Les ateliers d'écriture ne sont-ils qu'un agréable passe-temps, un loisir destiné à ceux qui maîtrisent cette forme d'expression, qui ont plaisir à manier le stylo ? Cela a-t-il un sens de proposer une action de ce type à des personnes, illettrées ou analphabètes, qui éprouvent d'immenses difficultés à aligner quelques mots ? Thierry Maricourt tient ce pari : l'écrit représente, précisément, un instrument de libération pour les oubliés d'une société d'opulence et de réussite devenus spectateurs d'un monde qui leur échappe. Écrire peut alors être le levier d'une lutte contre l'exclusion.

- Récits de vie et histoire sociale, quelle historicité ? Sous la direction de Vincent de Gaulejac et André Lévy, Éditions ESKA, 2000. 

Ouvrage théorique qui s'articule en deux parties : - Une anthropologie sociale renouvelée : enjeux théoriques et sociaux, - Le sujet face à son histoire : la démarche "roman familial et trajectoire sociale".

 

 - Ouvrages documentaires -

 

- Nous, femmes sans frontière, Thierry Maricourt, Collection Villes Plurielles, Éditions Licorne, Diffusion L'Harmattan, 2006.

Le Plateau Rouher est un quartier périphérique de Creil qui, comme tant d'autres, s'est fortement développé durant la deuxième moitié du XXème siècle. Ici des femmes de toutes origines ont choisi de se regrouper au sein d'une association, Femmes sans frontière. L'image qui leur est renvoyée de ce quartier , par des personnes qui n'y habitent pas, ou encore lors de faits divers, est généralement peu flatteuse. Voire désespérante. Elles ne s'y retrouvent pas et sentent l'urgence de prendre la parole : pour leurs proches, pour leurs enfants, pour elles-mêmes, mais aussi pour livrer à tous, sans fard ni complaisance, leur quotidien dans cet espace. Elles mobilisent des partenaires (Direction Régionale des Affaires Culturelles et Fonds d'action et de soutien pour l'intégration de la lutte contre les discriminations de Picardie, Licorne) et rencontrent l'écrivain Thierry Maricourt. Elles lui confient leurs regards, leurs histoires, leurs craintes et leurs espoirs... C'est cela que Nous, femmes sans frontière donne à lire. C'est aussi l'évocation du chemin suivi par Thierry Maricourt en compagnie de ces femmes : il dialogue fréquemment avec elles par souvenirs interposés, ceux d'un enfant qui a grandi dans un lieu semblable il y a des années, ce qui donne l'occasion de comparaisons révélatrices.

 

- Ils ont bossé...Et puis après ? Alcatel-Illkirch, entreprise high-tech et restructurations, Thierry Maricourt, Collection Le Présent Avenir, Éditions Syllepse,  2006. 

 Alcatel, Illkirch, Alsace. Une usine "restructure". Une de plus. Des salariés sont mis à la porte ! Banal ! Pourtant, cette entreprise-là n'est pas "obsolète", "périmée" ou dépassée. Elle est même high-tech. Le P-DG du groupe Alcatel rêve parfois éveillé d'un monde fait d'usines sans travailleurs, sans salaires, sans grèves... Non seulemnt les citrons se laisseraient presser sans rien dire et leur peau jetée à la moindre occasion, mais il n'y aurait plus de citron. Leur jus, la plus-value, tomberait du ciel ! Mais il faut tout de même payer les salaires... Remerciés, les travailleurs ne veulent pas se taire. Ils ont mal à la mémoire et un coeur gros comme ça. Ils racontent, ils parlent, ils témoignent. De leurs savoir-faire, de leurs compétences bradées, de leurs vies de travailleurs high-tech, de leurs existences brisées, de leurs luttes coilectives pour défendre leurs emplois, de leurs vies organisées autour de cette grande entreprise. Pourtant, ce livre se refuse à n'être q'une somme de témoignages. Ce n'est pas non plus un essai et pas plus une oeuvre de fiction, car tous les propos qui y sont rapportés ont été effectivement prononcés. Nous sommes ici dans la vie réelle, ce qui donne un livre qui ne cesse de serpenter entre objectivité et subjectivité. L'auteur interroge, scrute et accouche la parole des hommes et des femmes d'Alcatel. 

 

- Aux Courtillières, histoires singulières et exemplaires, Geneviève Michel et Pierre-Jacques Derainne, Éditions Créaphis, 2005. 

 Les Courtillières, grand ensemble de la ville de Pantin en Seine-Saint-Denis, fut construit à la fin des années 1950 par l'architecte Émile Aillaud. À l'initiative de la ville de Pantin, le moment du lancement des transformations a été l'occasion d'investir l'histoire du quartier. Une centaine d'habitants, anciens et nouveaux, ont accepté de transmettre leurs souvenirs des lieux, des moments, des personnes et retracer ainsi leur parcours aux Courtillières. Ils ont aussi livré leurs réflexions, leurs suggestions, leurs déceptions en même temps que leur espérance pour leur quartier. Ces histoires singulières révèlent un peu l'histoire de chacun et aident à envisager avec sérénité les changements à venir. De cette très riche moisson de documents, trente récits de vie et des centaines de documents ont été sélectionnés pour écrire ensemble cet ouvrage de mémoire et d'histoire. 

 

- Les enfants de Sanchez, autobiographie d'une famille mexicaine, Oscar Lewis, Tel Gallimard, 2000.

Oeuvre profondément émouvante où la violence, la souffrance, la cruauté côtoient la bonté, le courage et la gaieté. Par sa vision spontanée d'unn certain milieu de Mexico, par son exactitude, cet ouvrage scientifique, d'une grande tenue littéraire, a sans doute inauguré l'ère du "roman-vérité". Oscar Lewis a voulu raconter la vie d'une famille appartenant au sous-prolétariat mexicain contemporain : il s'est entretenu pendant des mois avec chacun des membres de la famille Sanchez et, pour recueillir leurs propos, s'est servi d'un magnétophone dissimulé dans ses vêtements.

Oscar Lewis né à New-York en 1914, est mort en 1970. Il était professeur d'anthropologie à l'Université d'Illinois depuis 1948. Envoyé en Amériquelatine en 1943, il en a ramené son premier ouvrage remarqué, La vie dans un village mexicain. Il a présenté La famille Sanchez pour la première fois dans un livre publié en 1959, Cinq familles.

 

 

 

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